CIE DU KAÏROS / DAVID LESCOT

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HISTOIRE

« Voilà quelque temps déjà que j’ai dans l’idée d’écrire pour la scène un portrait de femme, à l’échelle d’une vie. Une Femme se déplace est l’histoire extraordinaire d’une femme d’aujourd’hui, détentrice de tous les attributs de la vie bourgeoise (mari, enfants, foyer, travail, confort, vie douce, etc.) que l’on appelle communément « le bonheur ». Cette femme, confrontée à une série de catastrophes impromptues, se découvre un pouvoir surnaturel : celui de voyager dans le temps de sa propre vie, de circuler au fil de son histoire, vers son passé, où elle reprend sa place d’enfant, mais aussi vers son avenir, qu’elle peut rejoindre sur le mode d’une avance rapide, c’est-à-dire sans vivre tous les moments qui l’en séparent. Après avoir éprouvé les potentialités et les implications existentielles, logiques et philosophiques de cette nouvelle aptitude, elle décide de l’utiliser afin de réformer son existence, d’expérimenter sur elle-même des modes d’organisation qui s’éloignent des systèmes canoniques, et notamment du modèle conjugal traditionnel. Une femme se déplace est donc l’histoire d’une émancipation, d’une révolution personnelle, une suite d’expériences appliquées à de l’humain, une bataille menée contre le conformisme, une exploration des possibilités de l’amour, une revendication de l’imagination comme principe de transgression sociale. C’est une fable d’aujourd’hui, une parabole, c’est-à-dire un récit dont la valeur réside dans les potentialités symboliques et interprétatives qu’il recèle. Le thème de la dette, qui structure les relations familiales et amoureuses, y tient un rôle prépondérant, et irrigue la pièce toute entière.
Dans Une Femme se déplace, la musique, le chant et la danse tiennent une part essentielle, comme autant de moyens de raconter autrement ce qui pourrait relever d’un réalisme social contemporain. Or ces thèmes, ceux de la vie d’aujourd’hui, je voudrais les donner une représentation poétique, fantaisiste, stylisée. À mesure que le personnage de Georgia voyage dans sa propre histoire, s’ouvre le champ de son émotion, de son imagination, de son intériorité. La musique et la danse traduisent alors ce qu’elle voit et ce qu’elle ressent, elles sont les moyens de faire sentir que c’est à travers sa perception que nous parviennent les éléments du récit. J’aimerais mêler les éléments d’une vie dans tout leur contraste (du plus léger au plus tragique), utiliser une forme divertissante et poétique pour traiter les sujets graves ou prosaïques (la vie matérielle actuelle), les traduire en une forme chantée et dansée, d’où doit jaillir un plaisir immédiat. Les sujets abordés n’en seront pas pour autant futiles ou négligeables: il s’agit bien de représenter le monde contemporain et ses diktats, les choix que l’on fait pour orienter sa propre existence, ou encore le dur de métier de vivre ensemble. J’ai toujours cru que le théâtre le plus léger et le plus drôle pouvait receler des trésors de profondeur, une acuité insoupçonnée dans l’analyse des relations humaines, une vérité sur nos désirs, nos folies, nos abîmes. Lorsque s’achève une pièce de Marivaux ou un opéra de Mozart, ce n’est pas l’ordre finalement retrouvé qui fait sens, c’est le souffle dévastateur qui a un instant tout déréglé, et révélé les pulsions les plus inavouables, les plus scandaleuses, et les plus vraies. Une femme se déplace, ce sera cela : le récit d’une épiphanie féminine, au mépris de toutes les conventions. Et le chant et la danse accompagneront le chemin de cette révélation comme une ouverture, comme un printemps. »
David Lescot

Le texte Une Femme se déplace est édité chez Actes-Sud Papiers


DISTRIBUTION

texte, mise en scène et musique David Lescot
avec Candice Bouchet, Elise Caron, Pauline Collin, Ludmilla Dabo, Marie Desgranges, Matthias Girbig, Alix Kuentz , Emma Liégeois, Yannick Morzelle, Antoine Sarrazin, Jacques Verzier

Batterie Anthony Capelli
Claviers Fabien Moryoussef
Basse Philippe Thibault
Guitare Ronan Yvon

Collaboration artistique Linda Blanchet
Scénographie Alwyne de Dardel
Lumières Paul Beaureilles
Son Alex Borgia
Costumes Mariane Delayre
Chorégraphie Glysleïn Lefever


PRODUCTION

coproduction La Filature – SN de Mulhouse, Théâtre de la Ville – Paris, Printemps des Comédiens, Théâtre de Villefranche-sur-Saône, scène nationale de Sète.


PHOTOS

crédit photos Christophe Raynaud de Lage  / utilisation soumise à des droits, contactez raynauddelage@gmail.com ou 06 74 49 57 68


DOSSIER DE PRESSE


CALENDRIER

14 > 16 juin 2019 • Festival Printemps des Comédiens – Théâtre des 13 Vents, Montpellier
20 & 21 septembre 2019 • La Filature – scène nationale de Mulhouse
3 & 4 décembre 2019 • Théâtre de Villefranche
11 > 21 décembre 2019 • Théâtre de la Ville – Abbesses
27 et 28 février 2020 • Théâtre de Sète, scène nationale  de Sète et du bassin de Thau