Nadia Vadori-Gauthier

www.uneminutededanseparjour.com

 


UNE MINUTE DE DANSE A 7 ANS

« Le 7 janvier 2015, le choc de l’attentat à Charlie Hebdo et ceux des jours qui ont suivi, faisait basculer nos modes d’existence. Nous sommes entrés alors dans un régime d’état d’urgence que, d’urgence en urgence, nous n’avons pas quitté depuis. En 7 années, nous avons changé de monde, par glissements successifs ou points de bascule. Les raisons qui, le soir du 7 janvier 2015, m’ont engagée à investir l’infime de degré d’action dont je me sente capable face à cette folie meurtrière, restent toujours vivantes aujourd’hui. Je voulais répondre alors, par une sensibilité interstitielle face à cette violence inouïe, danser plutôt que de restée pétrifiée, sortir avec les autres plutôt que de me terrer, faire passer la vie plutôt que la mort. J’avais une nécessité vitale d’affirmer l’importance de la liberté d’expression, du partage des sensibilités par l’art, de la beauté des différences. Devant l’extrême gravité des événements, toute tentative de réponse paraissait dérisoire, j’ai tout de même tenté d’exprimer ma solidarité, à ma façon, en dansant, en engageant mon corps dans la dureté de la ville. J’essayais de tisser quelque chose, invitant une porosité, des alliances sensibles, cherchant le regard des passants sous la pluie de l’hiver. Je ne savais pas vraiment ce que je faisais, simplement il fallait que je le fasse.

« Je suis Charlie ». Les gens se sont massivement, alors, ralliés à ce cri par un élan du cœur, une solidarité envers les victimes, et pour défendre des valeurs qui fondent les sociétés démocratiques. L’usage de ces mots a été parfois critiqué depuis, pour diverses raisons. Mais je peux dire aujourd’hui, après 7 ans de danses quotidiennes, sans qu’aucun jour ne manque :
Je suis toujours Charlie.

Il semble si important de parler, de vivre, de créer, de rire de nous aussi (avant de rire des autres), d’entremêler nos sensibilités et nos intelligences, de rester joyeusement critiques et éveillés, d’aimer, de danser, de dessiner, d’écrire, de chanter, de dénoncer les totalitarismes et les faiseurs de mort. Je veux continuer d’affirmer la vie, la vie dans l’art et l’art dans la vie, contre toutes les folies aliénantes du monde. Je veux continuer de tenter d’activer, chaque jour et au moins un tout petit peu, une dimension poétique, un humour interstitiel et cosmique. Et si ça peut sembler parfois perdu d’avance, je jette chaque jour une bouteille à la mer. Chaque jour, tout reste à faire. C’est une poésie du bord des gouffres.

Il nous faudra beaucoup d’amour, car l’époque tremble et nous sommes ses enfants. J’en appelle à la douceur, aux rires complices, aux sonorités et fraternités. J’en appelle aux alliances avec la vie non­uniquement­humaine, avec la Terre. Il s’agirait, chaque jour, d’investir un devenir alchimique interstitiel, et de changer au moins une minute le plomb en or plutôt que de subir l’inverse tout le temps. »

Nadia Vadori­Gauthier

Nadia Vadori­Gauthier avait donné rendez­-vous le 8 janvier 2022 aux jeunes danseurs qui l’accompagnaient le 8 janvier 2015. Ils ont fait ensemble la danse 2552, Place de la Concorde, à Paris.


LE PROJET

Chaque jour, depuis le 14 janvier 2015, je danse comme on manifeste, pour œuvrer à une poésie vivante, déplacer les lignes, faire basculer le plan ou osciller la norme, danser la vie qui passe et qui vibre dans les interstices du quotidien. Je procède simplement, sans montage, avec les moyens du bord, dans les états et les lieux dans lesquels je me trouve, sans technique, ni mise en scène, ni vêtement ou maquillage particulier, rien d’autre que ce qui est là, et je poste la danse en ligne le jour-même. Les danses ont lieu à l’intérieur ou à l’extérieur, dans des espaces publics ou privés. Dans la circonstance ce n’est pas tant la danse en elle-même qui est importante, mais la relation qu’elle permet, ce qui se crée, ce qui est mis en jeu : une circulation entre les cases, les catégories, les corps.

Ce projet performatif est un acte de résistance poétique.

Chaque jour, tout recommence à zéro

Danser chaque jour, une minute et quelque. Danser le quotidien, les environnements, les matériaux, les circonstances, parfois l’évènement. Parfois seulement.

Danser quelles que soient l’humeur ou la forme, danser par toutes les météos du corps. Se contenter de peu. Avoir certains jours la surprise de présents du présent, la joie indescriptible et simple d’un agencement inattendu. Danser chaque jour, même ceux où l’on ne veut pas d’image, où l’on voudrait être invisible, danser, y aller. Rencontrer le monde immédiat. Manifester. Œuvrer tant bien que mal pour une poésie des interstices. Danser seule ou avec d’autres. Connecter, être vivant dans la matière. Être en mouvement. Ne pas céder à la tentation de faire, de chercher le spectaculaire. L’accueillir s’il s’invite, mais sinon : faire, défaire, décadrer, sentir, ressentir, vivre. Déplacer les lignes, faire basculer le plan, faire osciller la norme. Agir. Danser l’instant, l’éternité d’une seconde, le temps qui passe ou qui file. Chaque jour, tout recommencer à zéro, comme s’il n’y avait jamais eu aucune danse ; tout est à refaire, le corps, la danse ; tout est à danser, à redanser, pour une minute et quelque. Chaque nouvelle danse est comme la première, une page vide, de l’espace, de l’inconnu.

Danser la vie qui passe et qui vibre dans les intervalles entre les images brillantes qui prétendent nous tenir lieu de monde.
Nadia Vadori-Gauthier

Une minute de danse par jour / Mille et un jours from Nadia Vadori-Gauthier on Vimeo.


DISTRIBUTION

Directrice artistique Nadia Vadori-Gauthier

PRODUCTION

En 2018 et 2020, Une minute de danse par jour est soutenu par la Fondation E.ART – Pomaret

En 2017, Une minute de danse par jour a été soutenu par Paris Réseau Danse (CDCN Atelier de Paris Carolyn Carlson, L’Étoile du nord – scène conventionnée danse, micadanses – ADDP, studio le Regard du Cygne – AMDXXe), la Ville de Paris et la SACD.

Pour les rencontres autour des un an du projet (janvier 2016), Une minute de danse par jour a été accompagné par : micadanses, Université Paris-8, Le Silencio (Paris), Le Point Éphémère (Paris), Le Palais de Tokyo (Paris), Le Collège des Bernardins (Paris), Le Théâtre de Genevilliers, CDCN Atelier de Paris Carolyn Carlson. L’organisation de ces rencontres a été rendue possible par un financement participatif via la plateforme kisskissbankbank.

DOSSIER DE PRESSE


PHOTOS



DANSES EN SOUTIEN AUX PROFESSIONNELS DE LA CULTURE



LES 6 ANS DE UNE MINUTE DE DANSE PAR JOUR


DANSES DANS LES MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS


Crédits Nadia Vadori-Gauthier


ÉDITION

Danser, résisterLe Livre DANSER/RÉSISTER est sorti en janvier 2018 aux Éditions Textuel, publié avec le soutien du CDCN Atelier de Paris, Mains d’Œuvres [216 pages / 18 x 24 cm / 35€]​
direction d’ouvrage Nadia Vadori-Gauthier
auteurs Éric Bonnet, Flore Garcin-Marrou, Barbara Glowzewski, Roland Huesca, Katia Légeret, Marie-Luce Liberge et Nadia Vadori-Gauthier

La danse peut-elle contribuer à modifier nos regards et nos modes d’entrée en relation les uns avec les autres ?
Ce livre rassemble plus de 800 images issues des captures vidéo des minutes de danse de 1001 jours consécutifs et sept textes qui interrogent ce geste micropolitique et poétique.


UNE JOIE SECRÈTE

Film documentaire réalisé par Jérôme Cassou
sur Une minute de danse par jour sort en salles le 11 septembre, distribué par JHR Film

Le film a été sélectionné au Festival International du Film sur l’Art de Montréal, à la Biennale de Venise et à Dancescreen 2019 + Tanzrauschen Festival de Wuppertal.
Il sera projeté au MK2 Beaubourg et dans plusieurs autres salles en France. Nadia Vadori-Gauthier sera  présente pour une rencontre après les projections, le 5 septembre à Orléans, le 6 à Pau, le 10 à Paris (avec l’équipe du film), le 11 à Marseille, le 12 à Lille, le 13 à Montmorency, le 16 à Ivry-sur Seine, le 17 à Saint-Étienne, le 18 à Montbrisson, le 20 à Bailleul, le 22 à l’Escurial à Paris, le 4 octobre à l’UGC Gobelins,  le 11 à Arcueil.
Vous pourrez voir le film à Aix-les-Bains, Angers, Anthony, Arles, Besançon, Biarritz, Brest, Cahors, Chartres, Fontainebleau, Grenoble, Ivry sur Seine, Le Havre, Lyon, Montbéliard, Montmorency, Montpellier, Nancy, Nice, Paris, Pau, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Thionville, Toulouse, Tours et Valence.