Paul Desveaux / Cie L’héliotrope


SYNOPSIS

Après deux mois de cavale entre Los Angeles et New-York, Angela Davis est arrêtée le 13 octobre 1970 par le FBI. Elle est accusée à tort de meurtre, kidnapping et conspiration, et est présentée comme la personne la plus recherchée des États-Unis. Vont s’ensuivre seize mois d’emprisonnement jusqu’à sa libération en février 1972 et un procès qui la reconnaitra non-coupable en juin de la même année. En prison, Angela Davis poursuit sa réflexion et son combat notamment sur les conditions d’incarcération et la question des prisonniers politiques. Nous sommes au début des années 70, au milieu de la guerre du Vietnam, John Edgard Hoover dirige encore le FBI. Angela Davis est une femme, militante, noire, communiste, féministe, affiliée aux Black Panthers, philosophe, sociologue.


ANGELA DAVIS

Née à Birmingham en Alabama dans le sud des Etats-Unis, dans un quartier que l’on surnomme Dynamite Hill parce que le Klu Klux Klan y pose régulièrement des bombes, Angela Davis suit l’éducation d’une jeune fille noire au milieu d’un territoire profondément ségrégationniste. Elle est issue d’une famille éduquée et militante. À quatorze ans, elle ne veut plus suivre le parcours normalisé d’une étudiante noire des États du Sud. Elle choisit donc de s’exiler à New-York loin des territoires racistes et d’intégrer un programme de bourse pour ses études secondaires. Elle se retrouve donc au milieu de Greenwich Village, dans une école privée et marquée très à gauche. New-York devient alors le territoire d’une nouvelle liberté.

Cette école lui permet un parcours académique brillant. Elle se rend à l’Université de Brandeis dans le Massachussets (elle est l’une des trois étudiant·es noir·es de sa promotion). À la Sorbonne à Paris et à Francfort, elle y rencontre James Baldwin, Herbert Marcus, et Theodor W. Adorno. Elle lit Sartre, Camus, Marx et Hegel.

Cette grande intellectuelle milite par la suite notamment au sein des Black Panthers et du Parti Communiste Américain, le Che-Lumumba Club.
Elle développe une pensée marquée à la fois par les discriminations qu’elle subit mais aussi par le marxisme et le communisme.
Elle s’est attaquée à de multiples fronts : pour les droits civiques, pour un féminisme décloisonné, contre la peine de mort, contre le système carcéral, etc…

Aujourd’hui, elle enseigne à l’Université de Californie et est invitée dans le monde entier à donner des conférences. Son discours et sa pensée continuent de nourrir les débats plus que jamais actuels sur ces questions.

« Ce qui me marqua à la lecture de son autobiographie et à l’écoute de ses discours, c’est sa capacité à poser un regard large non seulement sur la société américaine mais aussi sur le monde. La possibilité de décloisonner une pensée ou comme disent les anglo-saxons, de nous faire entrevoir the big picture. Il ne s’agit jamais pour elle d’enfermer une cause sur elle-même, mais bien de comprendre les relations, les interactions avec les autres cercles des discriminé·es.

Peut-être que la particularité d’Angela Davis est d’avoir véritablement pensé le réel. De s’être confrontée au terrain et de n’esquiver ainsi aucune fâcheuse problématique. Car son discours s’ancre dans son histoire personnelle.
En cela, nous pourrions considérer Angela Davis comme une philosophe de l’action où la pensée nourrit sans cesse les actes de militantisme et où le terrain structure une réflexion par delà les évènements.

En cela et bien d’autres choses, Angela Davis est pour moi un modèle de réflexion pour un militantisme éclairé. »

Paul Desveaux


RÉFLEXIONS AUTOUR DE L’ŒUVRE

« J’ai rarement été rattrapé par mes origines. Je veux dire que je n’ai pas toujours été clairement identifié comme franco-kabyle. Je porte le nom de ma mère et il n’y a pas plus biblique comme prénom que Paul.

Seuls les gérants du café en bas de chez moi, qui sont des franco-hispano- kabyles, m’ont demandé si je retournais de temps en temps à Tizi Ouzou.

J’ai eu de rares expériences désagréables comme ce contrôle par les douanes à la Gare de l’Est. Je revenais de Thionville où j’avais rencontré des élu·es pour la direction du Centre Dramatique National et j’étais de fait plutôt bien habillé. Deux policiers m’arrêtèrent et exigèrent avec agressivité mes papiers. Je n’avais aucun document sur moi et ils me demandèrent d’une façon brutale si j’avais un pass Navigo. C’est quand ils ont lu Paul Desveaux sur mon pass que le ton a changé. Ils ont vérifié à plusieurs reprises qu’il y avait bien une corrélation entre mon visage et mon identité. Je voyais dans leurs yeux qu’ils avaient l’impression d’avoir fait une bourde. Et ils m’ont dit d’une manière plus douce de circuler sans autres explications.

Ce type de délit de faciès, je n’ai eu à le subir qu’une fois de manière aussi flagrante. Mais pour des milliers d’autres, il est quotidien. Et je pense que si j’avais porté le nom de mon père biologique, je n’aurais sans doute pas pu monter les textes de Nathalie Sarraute dans les années 90 et faire ce parcours dans le théâtre public. Car dans l’esprit commun de cette fin de XXème siècle, il y avait une forme d’inadéquation entre un nom de famille comme Kahlouche et un livre comme L’Usage de la parole. Cette fois-ci comme dans mon parcours de metteur en scène, j’ai été sauvé par mon nom.

L’histoire et la parole d’Angela Davis m’ont d’abord touché à cet endroit, moi qui suis issu d’une famille aux multiples origines, aux multiples religions. Elle m’a d’abord permis de comprendre les histoires de nombreuses autres familles, de nombreux·ses autres citoyen·nes.

Mais Angela Davis ne parle pas que de racisme. Elle utilise sa propre vie et sa pensée théorique, développée à partir du marxisme et du communisme, pour aborder toutes les formes de discriminations. Son discours est un vecteur de rassemblement par delà les nations et les clivages sociaux. Elle propose un regard définitivement internationaliste. Elle fait le lien permanent entre l’expérience quotidienne tristement banale et invisible sauf pour celui ou celle qui la vit, et sa compréhension sociale et politique du monde. En cela elle élève la pensée et tous les débats auxquels elle est conviée, aujourd’hui encore. »

Paul Desveaux


DISTRIBUTION

de Faustine Noguès
mise en scène & scénographie Paul Desveaux
assistanat à la mise en scène Ada Harb
avec Astrid Bayiha en alternance avec Alvie Bitemo
musique Blade Mc Alimbaye
lumières Laurent Schneegans
images Jérémie Levy
régie générale Johan Allanic
sur une idée originale de Paul Desveaux & Véronique Felenbok

PRODUCTION

L’héliotrope

Coproduction L’éclat / Pont-Audemer, Théâtre Le Passage / Fécamp, L’Étincelle / Rouen
Avec la participation artistique du Studio|ESCA
Soutien du Ministère de la Culture – DRAC Normandie et de la région Normandie


VISUEL

©Jérémie Lévy

TEASER


DOSSIER DE PRESSE


CALENDRIER 2021/2022

9 novembre 2021 à 20h30 : Théâtre Le Passage / Fécamp – Création
18 novembre 2021 à 14h & 20h : Théâtre de Lisieux
30 novembre 2021 à 19h : L’Éclat / Pont Audemer
2 décembre 2021 14h & 20h30 : Théâtre de Granville
15 & 16 mars 2022 à 20h : Le Rayon Vert / Saint Valéry en Caux
22, 23 & 24 mars 2022 à 20h : L’Etincelle / La Chapelle St Louis / Rouen